Pour une écologie de la mémoire industrielle, vers une réappropriation productive des derniers hauts-fourneaux de Lorraine
2025
Auteur(s)
Thomas Tournade
Enseignant(s)
Valentine Guichardaz, Emmanuel Person
Département
PASS
Tapis au cœur de la vallée de la Fensch, étirés du fond des coteaux à leur crête, les hauts-fourneaux que l’on dit « de Florange » gisent, douloureusement endormis. Accouchés par la violence parasite de la puissante industrie, ils ont été giflés ensuite par la violence sociale du capitalisme financier, après des siècles de loyaux services : fermés, 640 emplois supprimés. Les voilà au pilori ; enfants d’une géologie singulière, riches tabernacles d’un savoir-faire centenaire qui façonne encore les paysages, les modes de vie et les équilibres sociaux.
Aujourd’hui, on nous promet de changer d’époque, et revoilà les démolisseurs : pas de survivances, pas de sourcillement.
Tandis qu’ils dévorent déjà des parts immenses de ce vaste complexe sidérurgique blotti dans les villages de la « vallée des Anges », une question demeure : aurions-nous pu faire autrement ? Saurait-il exister une troisième voie entre la sauvagerie de la table rase et la brutalité pudique de la muséification ? C’est la question qu’explore ce projet : trouver les voies de la transmission d’un héritage au prisme de ses propres logiques, celles de la transformation de la matière, du travail et de la vie qui grouille entre les flancs de la vallée. Le saisir : pour le réparer, l’intégrer à la ville et au monde, le transmettre et le rendre, au quotidien et à son époque.
Nestled in the heart of the Fensch valley, stretching from the bottom of the hills to their ridge, the blast furnaces known as those of Florange lie painfully asleep. Brought into existence by the parasitic violence of the mighty industry, they were then smacked in the face by the social violence of financial capitalism, after centuries of loyal duty: they were shut down, with 640 jobs lost. Here they are, children of a singular geology, rich tabernacles of century-old know-how that still shapes landscapes, lifestyles and community life.
Today, we’re told we’re in for a new era, and here come the wreckers again: no remnants, no blinking of an eye. While they are already devouring huge chunks of this vast steel complex nestling in the villages of the “Valley of the Angels”, one question remains: could we have done things any other way? Could there be a third way between the savagery of the tabula rasa and the modest brutality of museumization? That’s the question that this project explores: finding ways of passing on a heritage through the prism of its own logic, that of the transformation of materials, work and the life that crawls between the sides of the valley. To recapture it: to repair it, to integrate it into the city and the world, to pass it on and return it to everyday life and to its own time.
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