Stratégies de survie et hospitalité dans la Centrale EDF de Vitry-sur-Seine
2026
Auteur(s)
Manon Antonio
Enseignant(s)
Martin Gillot, Bertrand Lamarche
Département
AAP
Au coeur d’un site industriel du Val-de-Marne, deux cheminées de 160 mètres de haut imposent leur silhouette. Un jour, j’ai décidé de m’en approcher, de quitter le quai du RER C pour arpenter un site proche de chez moi mais dont l’histoire m’était inconnue. Ma marche s’est arrêtée brusquement devant la grille de la Centrale EDF, géant endormi du quartier des Ardoines.
Ici, l’histoire de la « Ceinture Rouge » et de ses luttes ouvrières se heurte à une mutation brutale. Un projet de réaménagement prévoit 600 000 m² de bureaux là où l’Îlede- France en compte déjà des millions vides. Dans cet étau foncier, des initiatives socioculturelles qui avaient pris place sont condamnées à l’effacement.
Face à cette amnésie programmée, ce projet propose une résistance par le parasitage en infiltrant l’ancienne centrale EDF, pour en faire un refuge pour tous les lieux alternatifs menacés par ces dynamiques de densification foncières et de gentrification. L’architecture devient un processus inachevé, une greffe progressive capable de recueillir les initiatives expulsées.
In the heart of an industrial site in Val-de-Marne, two 160-metre-high chimneys dominate the skyline. One day, I decided to take a closer look, leaving the RER C platform to explore a site close to my home whose history was yet unknown to me. My walk came to an abrupt halt at the gates of the EDF power station, the sleeping giant of the Ardoines neighborhood.
Here, the history of the ‘Ceinture Rouge’ and its workers’ struggles clashes with a brutal transformation. A redevelopment project plans 600,000 m² of office space in a region where millions of square meters already sit empty. Caught in this real estate squeeze, the socio-cultural initiatives that had taken root are now doomed to erasure.
To counter this planned amnesia, this project proposes resistance through parasitism—infiltrating the former power station to turn it into a refuge for alternative spaces threatened by land densification and gentrification. Architecture becomes an unfinished process, a progressive graft capable of sheltering the initiatives facing displacement.
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