Reconversion d’un silo nucléaire en infrastructure hydraulique sur le plateau d’Albion
2026
Auteur(s)
Mickaël Osorovitz
Enseignant(s)
Sami Aloulou, Bertand Lamarche
Département
AAP
Un territoire n’est jamais vierge, il est la somme des projections successives de ceux qui l’ont traversé, exploité, imaginé. Sur le plateau d’Albion, ces couches s’accumulent : pastoralisme, littérature, stratégie militaire, tourisme, énergie solaire. Chaque acteur y a projeté sa propre logique, utilisant le paysage pour satisfaire ses attentes.
En 1996, le démantèlement du système de défense nucléaire laisse sur le plateau d’Albion dix-huit dalles de béton de cent mètres de côté et dix-huit silos de trente mètres de profondeur. La zone de lancement 2.8 est aujourd’hui un palimpseste de toutes ces projections.
Le projet retourne leur logique, non pour les réconcilier, mais pour les mettre en tension. La plateforme imperméable devient impluvium, le silo redevient citerne. L’eau est redistribuée vers des usages pastoraux, agricoles et collectifs. L’architecture, nouvelle trace d’anthropisation, rend ces coexistences contradictoires visibles.
Le territoire ne se répare pas. Il se confronte à lui-même.
A territory is never untouched; it is the sum of the successive influences of those who have travelled through it, exploited it and imagined it. On the Albion Plateau, these layers accumulate: pastoralism, literature, military strategy, tourism and solar energy. Each actor has imposed their own logic upon it, using the landscape to fulfil their own expectations.
In 1996, the dismantling of the nuclear defence system left eighteen concrete slabs, each one hundred metres square, and eighteen silos, each thirty metres deep, on the Albion plateau. Launch area 2.8 is now a palimpsest of all these projections.
The project turns their logic on its head, not to reconcile them, but to create tension between them. The impermeable platform becomes a catchment area; the silo becomes a cistern once more. Water is redistributed for pastoral, agricultural and communal uses. Architecture, a new trace of human intervention, makes these contradictory coexistences visible.
The territory does not heal itself. It confronts itself.
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