26 Mar 2026
Séminaire de recherche croisée
– Laboratoire Infrastructure Architecture Territoire
– Séminaire Master THP « Infrastructures : héritages, discours, imaginaires », Enseignantes : Bérénice Gaussuin, Fanny Lopez, Marie Artuphel, Marion Emery
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Territoires et technodiversité : un art de bâtir des milieux techniques
#1 épistémologie des techniques
Dans un article de 2020, Jean-Paul D. Addie, Michael R. Glass & Jen Nelles appelaient la communauté des chercheur.es (ajoutons celle des architectes et des urbanistes) à s’intéresser aux relations entre les infrastructures et les régions et à leur capacité à influencer des stratégies de bifurcation écologique territoriale. Selon cette approche, la régionalisation ou la territorialisation de l’infrastructure permet de mieux comprendre comment ces objets techniques façonnent et sont façonnés par les territoires, et comment ils produisent des imaginaires spatiaux et des subjectivités politiques spécifiques. Nous prolongeons cet appel, tout en nous tournant vers l’histoire. Le champ de l’architecture et de l’urbanisme n’est-il pas porteur d’une diversité d’agencements de « milieux techniques » écologiques, d’infrastructures vernaculaires », de « folklore énergétique » empruntant tout à tout à l’anthropologie des techniques, à la géographie environnementale pour architecturer des entités nature culture réconciliant technique et milieux ? Au croisement de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme, de l’épistémologie des techniques et de l’histoire de l’environnent ces demi-journées proposerons de réfléchir aux tentatives d’architecturer une “technodiversité.”
[1] Jean-Paul D. Addie, Michael R. Glass & Jen Nelles (2020) Regionalizing the infrastructure turn: a research agenda, Regional Studies, Regional Science, 7:1, 10-26.
Pauline Picot
« Technodiversité, une diversité de milieux technologiques au sein des grandes infrastructures »
Le concept de « technodiversité » suscite depuis une dizaine d’années un intérêt particulier dans le domaine de la philosophie de la technologie. Cet intérêt découle en partie de l’analogie suggérée par le néologisme lui-même : « technodiversité » fait écho à « biodiversité », concept désormais majeur tant sur la scène scientifique que politique pour désigner le monde vivant. Le concept de « technodiversité » est-il pertinent pour la technologie comme celui de biodiversité l’est pour la biologie ? Cette question sera traitée à travers trois études de cas : la construction de l’infrastructure ferroviaire, l’infrastructure de connaissances en climatologie et l’infrastructure logicielle. En conclusion, on discutera de la possibilité de généraliser la description de la technodiversité à la fois comme condition constitutive factuelle et comme valeur pour les larges infrastructures.
Pauline Picot qui a effectué sa thèse à l’Université de Technologie de Troyes sous la direction de Victor Petit et Bertrand Guillaume après un parcours universitaire interdisciplinaire – ingénierie mécanique et philosophie. Ses travaux doctoraux portent sur le concept de « technodiversité », compris comme une analogie de la biodiversité. Cet angle d’étude amène à questionner la technodiversité comme fait et valeur technologique, ainsi que, plus largement à discuter la pertinence du concept pour l’étude de la technique à l’ère de l’Anthropocène. Cette thèse a été soutenue en décembre 2024 et Pauline Picot est maintenant post-doctorante sur le projet « SOCLOUD », portant sur la sobriété et la convivialité des data centers, à l’Université de Technologie de Belfort-Montbéliard.
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Pierre-Thomas Demars
« Technodiversité de l’architecture des réseaux électriques »
Les réseaux électriques constitue une matrice infrastructurelle complexe, notamment édifiée par EDF depuis la Seconde Guerre mondiale. Paradoxalement décrite comme un ensemble monolithique ou comme un système de systèmes variés et intriqués, comment les ingénieurs-concepteurs de son architecture ont-ils géré cette question de la diversité lors de son élaboration ? Quelles relations ontils tissé entre la forme et l’aménagement de l’infrastructure, les moyens de la concevoir et le service qu’elle est censée fournir ? Comment ces liens peuvent-ils être requestionnés à la lumière d’une réévaluation critique de l’urbanisme et de l’ingénierie ?
Pierre-Thomas Demars est doctorant en Architecture au sein du Laboratoire Infrastructure Architecture Territoire (LIAT). Ingénieur en génie électrique de Grenoble INP – Ense³ ainsi que diplômé du master Transitions écologiques de Sciences Po Grenoble, il s’intéresse aux relations entre techniques, espaces et société à la lumière des enjeux socio-environnementaux. Ses travaux de thèse sur l’architecture des réseaux électriques au prisme de la low-tech, en association avec le projet de recherche InfraFuturs, visent à questionner les pratiques héritées du génie électrique tout en expérimentant des modalités de conception alternatives et situées.
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