2 Avr 2026
Séminaire organisé par :
Les résistances formulées à l’encontre des infrastructures routières cohabitent en France à partir des années 1950 avec les premiers projets d’autoroute. Si le rapport que l’infrastructure entretient avec le paysage qu’elle traverse est complexe, celui de l’autoroute urbaine avec la ville ancienne s’annonce encore plus problématique en raison de son implantation dans un tissu urbain souvent dense, ancien et habité. L’autoroute urbaine des années 1960 est ainsi auréolée d’un imaginaire fort de modernité et de progrès, autour duquel un double point de vue se constitue dès sa conception : D’une part l’autoroute urbaine présente une réponse efficace et moderne au problème urbain de la période des Trente Glorieuses, celui de la congestion et la saturation des grandes villes ; et d’autre part, à la promesse de la toute-puissance technique et infrastructurelle du projet routier s’oppose la défense d’un cadre de vie. Les discours critiques qui contestent le bien fondé du projet, exprimés aussi bien par les mobilisations citoyennes que par des architectes et des urbanistes, s’opposent à la concrétisation de l’autoroute urbaine et nuancent la portée hégémonique de l’imaginaire prédominant de la modernité qui lui est attachée. Il s’agit alors d’analyser les processus politiques et sociaux qui ont provoqué l’annulation de nombreux projets d’autoroutes urbaines projetés dans les années 1960, en étudiant plus spécifiquement le cas de Paris, et l’impact des revendications patrimoniales et environnementales sur l’abandon d’un projet infrastructurel particulier, celui de la voie express rive gauche.
Marion Emery est architecte HMONP. Après avoir travaillé quelques années en tant qu’architecte et urbaniste dans des agences parisiennes, elle se consacre aujourd’hui à la recherche et à l’enseignement en parallèle de sa pratique. Elle mène sa thèse en architecture au sein du LIAT, (ENS PSL) sous la direction de Dominique Rouillard. Intitulée « Traverser Paris par l’autoroute : mobilisations, contestations, alternatives (1956-1976) », sa recherche s’attache à analyser les projets autoroutiers pour Paris pensés à la fin des années 1950, par le biais des contestations et des résistances dont ils ont fait l’objet. Maîtresse de conférence associée à l’ENSA Paris-Malaquais, elle enseigne le projet, ainsi que l’histoire et la théorie de l’architecture au sein d’un séminaire de recherche.
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