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Territoires et technodiversité : un art de bâtir des milieux techniques | #2 Régionaliser l’infrastructure ?

16 Avr 2026 | Laboratoire LIAT | Demi-journée d'étude


Jeudi 16 avril 2026
14h-18h

École d’architecture Paris-Malaquais – PSL 
1 rue Jacques Callot (3e étage) – Paris VIe

Entrée libre dans la limite des places disponibles


Séminaire de recherche croisée : Territoires et technodiversité : un art de bâtir des milieux techniques

Un événement organisé par :

Dans un article de 2020, Jean-Paul D. Addie, Michael R. Glass & Jen Nelles appelaient la communauté des chercheur.es (ajoutons celle des architectes et des urbanistes) à s’intéresser aux relations entre les infrastructures et les régions et à leur capacité à influencer des stratégies de bifurcation écologique territoriale. Selon cette approche, la régionalisation ou la territorialisation de l’infrastructure permet de mieux comprendre comment ces objets techniques façonnent et sont façonnés par les territoires, et comment ils produisent des imaginaires spatiaux et des subjectivités politiques spécifiques. Nous prolongeons cet appel, tout en nous tournant vers l’histoire. Le champ de l’architecture et de l’urbanisme n’est-il pas porteur d’une diversité d’agencements de « milieux techniques » écologiques, d’infrastructures vernaculaires », de « folklore énergétique » empruntant tout à tout à l’anthropologie des techniques, à la géographie environnementale pour architecturer des entités nature culture réconciliant technique et milieux ? Au croisement de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme, de l’épistémologie des techniques et de l’histoire de l’environnent ces demi-journées proposerons de réfléchir aux tentatives d’architecturer une “technodiversité.”

[1] Jean-Paul D. Addie, Michael R. Glass & Jen Nelles (2020) Regionalizing the infrastructure turn: a research agenda, Regional Studies, Regional Science, 7:1, 10-26.

Demi-journée d’étude #2
Régionaliser l’infrastructure ?

Éric Alonzo
« Quand la géographie vidalienne inspirait les architectes »

Durant la première moitié du XXe siècle, la « géographie humaine » conçue par Paul Vidal de la Blache et ses continuateurs directs (Jean Brunhes, Albert Demangeon, Max Sorre, etc.) comme une branche de la biogéographie, se définit comme l’étude des interactions entre les activités humaines et le milieu géographique. Ils s’intéressant en particulier à la forme et matérialité des transformations concrètes (artefacts) : habitat, routes, systèmes d’irrigation, structures agricoles, etc. Un des principaux moments de transfert de ces savoirs vers l’architecture s’opère entre la fin des années 1930 et la fin des années 1940, autour de l’étude du paysage agricole français et s’incarne par des figures comme Urbain Cassan (1890-1979) et Guy Pison (1905-1986).

Éric Alonzo est architecte, docteur en architecture, chercheur à l’Observatoire de la condition suburbaine (OCS) et professeur à l’École d’architecture de la ville & des territoires Paris-Est, Université Gustave Eiffel, où il codirige le DSA d’architecte-urbaniste. Il est l’auteur de Du rond-point au giratoire (2005) puis, en 2018 de L’Architecture de la voie. Histoire et théories (issu d’une thèse distinguée en 2017 par le First European Prize Manuel de Solà Morales). Il a par ailleurs été, de 2020 à 2025, membre associé de la Mission régionale d’autorité environnementale d’Île-de-France.

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Matthias Brissonnaud
« Milieu techno-géographique, naissance d’un concept dans la région naturelle du Forez »

La région naturelle du Forez, actuel département de la Loire, est principalement connue pour la présence de charbon dans son sous-sol et pour l’intense activité industrielle qui s’y est développée entre le XVIIIe et le XXe siècle. Mais face aux bouleversements que rencontre alors ce territoire du fait de son industrialisation, un certain nombre de recherches sont menées, dans différents domaines – aussi bien en architecture, en urbanisme et en ingénierie qu’en photographie, en philosophie et en géographique – afin de contrebalancer les effets néfastes provoqués par une pensée technique au service de l’extractivisme et du productivisme. Ces recherches, dont les racines plongent jusqu’au XVIe siècle, montrent l’existence d’une tentative locale visant à infléchir la direction donnée à cette technique industrielle occidentale faisant fi des limites et des milieux. Elles culminent en 1958 avec l’invention d’un concept par un philosophe ayant grandi dans la région, Gilbert Simondon, qui propose le concept de milieu techno-géographique pour repenser la nature de la relation entre l’invention technique et les milieux techniques et géographiques dans lesquels celle-ci s’inscrit.
La forme littéraire du manifeste situé, bien connue des architectes, des paysagistes et des urbanistes, mais qui s’est principalement intéressée aux formes urbaines et architecturales, trouve avec ce concept de milieu techno-géographique et cette région naturelle du Forez un terrain idéal pour se renouveler.

Matthias Brissonnaud, après avoir obtenu un master à l’école nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne (ENSASE), est actuellement doctorant de l’École normale supérieure – PSL, rattaché à l’ED 540, à l’EUR Translitteræ au Laboratoire Infrastructure Architecture Territoire (LIAT) de l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais – PSL. Sa thèse, dirigée par Fanny Lopez, vise à éclairer les rapports entre architecture, technique et territoire, notamment à partir d’un cas d’études : le département de la Loire.

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