Mathilde Brunet est doctorante au sein du LIAT. Après une Licence en Archéologie (2022) et un Master en Histoire de l’Art Médiéval (2024) à Paris 1 Panthéon Sorbonne, elle obtient son diplôme d’architecte à l’ENSA Paris-Malaquais (2025). Elle a enseigné à l’ENSA Paris-Malaquais et à l’ENSA La Vilette, et travaillé comme architecte conseil en archéométrie. Son travail se penche sur les notions d’interdisciplinarité entre architecture, archéologie et histoire de l’art, ainsi que sur les notions de patrimoine et d’archéologie du bâti.
Résumé de la thèse
« Histoire croisée des infrastructures de l’eau et de la patrimonialisation au sein de la fôret de Fontainebleau »
Sous la direction de Fanny Lopez et le co-encadrement de Bérénice Gaussuin
Thèse financée par le projet ExcellencES de l’université PSL
La ressource en eau du massif de Fontainebleau a fait par le passé, et encore aujourd’hui, l’objet d’utilisations dont il s’agit de faire le récit, entre usages vernaculaires, agricoles et de prestige, au château de Fontainebleau. Ce dernier est en effet le lieu du déploiement d’un large réseau d’adduction d’eau alimentant entre autres les fontaines et le canal. Toutes ces infrastructures hydrauliques sont connues dans leurs parties visibles, mais nécessitent pour être en état de fonctionner un réseau encore peu connu.
Aujourd’hui protégée à plusieurs titres et pour des raisons différentes (Site classé, Natura 2000, UNESCO, réserve de biosphère, etc.), cette forêt a été le premier espace naturel protégé d’occident, pour des raisons esthétiques en 1861 sous l’impulsion des peintres de l’école de Barbizon.
L’étude croisée de cette histoire sur le temps long des infrastructures et de la patrimonialisation du site, depuis la forêt aménagée pour les chasses de François Ier jusqu’au milieu du XXe siècle, permet de comprendre les interactions entre conflits d’usage (chasse, exploitation forestière, usages vernaculaires, sujet de peinture, tourisme, etc.) et effets politiques de la patrimonialisation. Ces deux histoires qui s’entremêlent posent ainsi la question des enjeux des différentes protections : ce qui est protégé, quelles valeurs sont mobilisées pour obtenir cette protection, et comment les actions concrètes qu’elle engendre agissent sur les usages de la forêt et de sa ressource en eau.