Doctorante
Mathilde Sari est monteuse cinéma et enseignante vidéo en école nationale d’architecture. Formée au cinéma documentaire, elle a travaillé comme assistante monteuse et collabore avec un collectif d’architectes pour la création de films expérimentaux où les espaces intimes traversent les révoltes publiques. Son travail, à la croisée du cinéma, de l’écriture et de l’architecture, s’articule autour des pensées magiques pour interroger les relations entre espaces, affects et récits. En 2026, elle publie l’article « Peupler les murs de fantômes » dans la revue Exercice(s) d’architecture, et elle débute à la rentrée une thèse de recherche-création dans le cadre du parcours doctoral SACRe à La Fémis.
Thèse en cours
Sous la maison : les espaces liminaux de l’adolescence. Le montage de la maison comme infrastructure, entre cinéma et cultures numériques.
sous la co-direction de Fanny Lopez et Evgenia Giannouri
Depuis le tableau d’une porte entrouverte accroche sur le mur de sa chambre par Laura Palmer, jusqu’aux backrooms organisées sur internet en un réseau de chute et d’errance infinie, au creux des chambres adolescentes, les limites de la maison se déplacent, ses espaces se redistribuent et ses relations se renversent. Recoins, sous-sols, mondes ouverts et fenêtres virtuelles, téléphones et allées opaques, des espaces liminaux se connectent les uns aux autres. Les liens entre la figure de la maison et celle de l’infrastructure qui la relie a un extérieur sont exposes. La maison cesse alors d’être un intérieur familial fixe, pour se transformer en une infrastructure réticulaire, a la fois matérielle et imaginaire.
Entre études cinématographiques, théorie de l’architecture et psychologie de l’adolescence, la recherche s’organise autour d’une hypothèse : penser la maison depuis les positions de vulnérabilité et les spatialités négatives de l’adolescence contemporaine, non comme un objet architectural stable, mais comme une infrastructure dont les défaillances peuvent soutenir des formes transgressives d’espaces et de récits d’habitation.
La recherche-création articule un corpus de récits filmiques et de fictions spatiales circulant en ligne a un travail de création collective mené avec de jeunes adultes. Entre installations et films, nous construirons ensemble des récits de maisons détournées à habiter par le montage.
Dans ces dialogues, nous nous rendrons attentives aux espaces liminaux de l’adolescence — a leurs constructions, leurs montages et leurs partages — en nous demandant comment leurs spatialités peuvent agir sur les structures de nos récits. Sans rejeter ce qui s’inscrit de manière instable, par le décalage de la maison dans l’infrastructure, de l’architecture dans le cinéma, du virtuel dans le réel, la thèse cherchera a produire a la fois un cadre théorique et des récits filmiques critiques, capables de détourner les effets psychiques du monde traverse par des formes diffuses de violence, depuis les creux de la maison, vers des imaginaires émancipateurs.