8 Oct 2026 | 10 Déc 2026
Habiter l’IA – Critique et clinique de l’architecture du XXIe siècle est un cycle de rencontres organisé dans le cadre du séminaire du département AAP (Art, Architecture, Politique), avec le laboratoire ACS. Direction scientifique : Marco Assennato
La révolution numérique et l’introduction massive de l’intelligence artificielle sont appelées à produire des effets de longue durée sur l’architecture.
Les « effets », ou les « symptômes » immédiatement perceptibles, se manifesteront à coup sûr dans les conséquences dévastatrices sur les niveaux
d’emploi au sein des agences d’architecture — en particulier celles de grande ou moyenne-grande taille, et pour des positions de techniciens
spécialisés —, ainsi que dans les inquiétudes qui traversent les écoles et leurs méthodes de contrôle et d’évaluation, prises au piège du faux
numérique. Mais il ne s’agit là que de « symptômes », précisément, d’un processus plus profond, qui touche à la nécessaire réorganisation du travail
architectural au regard des nouvelles technologies, et, par voie de conséquence, à une redéfinition des modalités, des contenus et des formes
d’enseignement de la discipline.
En France, le débat sur cette question accuse un retard considérable. La réflexion sur l’IA est, de manière générale, beaucoup moins développée
qu’à l’échelle internationale — et la situation s’aggrave davantage lorsqu’on se place sur le terrain spécifique de l’architecture.
Dans ce premier cycle de rencontres à l’ENSA Paris-Malaquais (octobre 2026 – mai 2027), nous nous proposons de construire un premier
arpentage théorique et une histoire culturelle et politique de l’IA envisagée comme une technique d’appropriation, de mesure et d’organisation du
travail intellectuel à travers l’automatisation des tâches cognitives et des projections techniques ou artistiques. Les points critiques et les opportunités
ouvertes par l’IA seront interrogés à partir de plusieurs points de vue, en convoquant des regards multidisciplinaires : de la philosophie à la
littérature, des sciences humaines et sociales aux sciences « dures ».
Marco Assennato, est philosophe et docteur en architecture, il enseigne à l’ENSA-Paris Malaquais/Université PSL et il est membre permanent du Laboratoire de recherche ACS. Il est l’auteur, entre autres, de La Muse inquiétante. Architecture et société chez Manfredo Tafuri, éditions Mix, Paris, 2019 et de Projet et Métropole. Essai sur opéraïsme et architecture, Entremonde, Geneve-Paris, 2023.
Marie Menant, est architecte, maître de conférence associée et doctorante. Après avoir travaillé pendant 14 ans en tant qu’architecte directrice de projet dans d’importantes agences d’architecture parisiennes, elle prépare aujourd’hui une thèse sur les occupations contemporaines et les luttes habitées, au sein du laboratoire Architecture / Culture / Société, à l’École d’architecture de Paris-Malaquais. Elle enseigne en licence et en master au sein du département Art / Architecture / Politique de l’ENSA Malaquais.
Mathieu Cortel, Docteur en philosophie de l’Université Paris IV, Chercheur postdoctoral au Centre de sociologie des organisations (CSO) de SciencesPo Paris, il est l’auteur de Ni dieu ni IA
Une philosophie sceptique de l’intelligence artificielle, La Découverte, Paris, 2025.
Alexandre Gefen, est directeur de recherche de 1re classe au CNRS et historien des idées, spécialiste de la théorie littéraire et de la littérature française contemporaine il a dirigé Une Histoire Culturelle de l’IA, CNRS éditions, Paris, 2026.
Ada Ackerman est chargée de recherche au CNRS, commissaire d’expositions, membre de l’UMR Thalim, et spécialiste de cinéma elle s’intéresse aux imaginaires de l’intelligence artificielle ainsi qu’aux articulations entre agentivités humaines et non-humaines. Elle a ainsi organisé depuis plusieurs années avec Alice Leroy et Antonio Somaini des cycles de conférences, rencontres et projections pour le BAL, et elle a collaboré à l’exposition Le monde selon l’IA au Jeu de Paumes en 2025.
autour du livre L’altération des mondes. Versions de Philp K. Dick, Minuit, Paris, 2021.
David Lapoujade est professeur de philosophie à Paris 1, Panthéon Sorbonne.
Février :
Jean Léssegue philosophe et épistémologue, est directeur de recherche au CNRS (Centre Georg Simmel – EHESS, Paris). Il a notamment co-écrit aux Puf avec Antoine Garapon Justice digitale (2018) et Le numérique contre le politique (2021).
Mars/Avril :
Luca Paltrinieri, maître de conférences en philosophie politique et philosophie des sciences humaines et sociales à l’Université de Rennes, chercheur rattaché au CAPHI (Centre Atlantique de philosophie).
Giuseppe Longo, spécialiste de mathématiques, biologie théorique et épistemologie est directeur de recherche (DRE) CNRS au centre interdisciplinaire Cavaillès du laboratoire République des savoirs à ENS de Paris (ENS). Il a enseigné successivement à Berkeley, au MIT et à Carnegie Mellon, ainsi que à Oxford (GB) et Utrecht (NL).
Carlotta Darò historienne de l’art, maîtresse de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais (ENSAPM) et, depuis 2022, chercheuse invitée du Gramazio Kohler Research, à l’ETH Zurich.
Mario Carpo architecte et historien de l’architecture, il est titulaire depuis 2014 de la chaire Reyner Banham d’histoire et de théorie architecturales à la Bartlett, University College London.
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